Le b.a.-ba de l’homéopathie

De plus en plus méfiants vis-à-vis des effets secondaires des médicaments, nombre de Français s’en remettent aux granules pour entretenir leur santé.

Homéopathie

À plus forte raison lorsqu’il s’agit de soigner les troubles mineurs qui empoisonnent si bien le quotidien.

Les trois grands principes de l’homéopathie

Ces principes homéopathiques sont appliqués pour traiter de nombreux maux du quotidien, d’origine fonctionnelle : troubles digestifs, insomnie, stress, troubles du sommeil, maladies ORL, troubles de la circulation, etc. Et ce, aussi bien, pour les pathologies aiguës que chroniques.

L’homéopathie est d’ailleurs souvent plébiscitée pour les infections à répétition, la prévention des récidives étant au cœur de la démarche. C’est ce que l’on appelle le traitement de terrain.

La similitude

C’est un médecin allemand, Samuel Hahnemann, qui invente l’homéopathie à la fin du XVIIIe siècle. Polyglotte, il traduit de nombreux ouvrages de médecine et remarque que l’écorce de quinquina, prescrite à l’époque pour soigner les fièvres et les tremblements, est aussi susceptible de provoquer ces mêmes symptômes chez un sujet sain.

C’est ainsi qu’il a l’idée de “soigner le mal par le mal” en donnant une substance toxique afin de provoquer une réaction de l’organisme, et ainsi mobiliser ses capacités de guérison. C’est le principe de similitude, d’où l’homéopathie (du grec “homios”, semblable, et “pathos”, maladie) tire d’ailleurs son nom.

Prenons une piqûre d’abeille : elle provoque une enflure rougeâtre, avec sensation de brûlure. Le remède homéopathique sera Apis, une préparation à base d’abeille entière, à utiliser en cas de piqûres d’insectes, mais aussi face à d’autres douleurs brûlantes avec rougeurs.

L’infinitésimalité

Samuel Hahnemann s’est rapidement aperçu que le risque était de créer un médicament qui rend malade. D’où le deuxième grand principe de l’homéopathie : l’infinitésimalité. Pour juste provoquer une réaction de défense de l’organisme, la substance doit être absorbée en quantités infimes.

L’individualisation

En homéopathie, on envisage le patient dans sa globalité, physique et psychique, pour choisir le traitement le mieux adapté. Deux personnes peuvent avoir attrapé le même virus, mais leur corps n’y réagira pas de la même manière : l’un aura une fièvre brûlante, l’autre transpirera abondamment ; l’un aura mal à la gorge, l’autre toussera beaucoup… Le remède sera donc choisi en fonction, notamment, des symptômes.

Un principe actif naturel en quantité infime

Les remèdes homéopathiques sont fabriqués à partir d’une teinture-mère, obtenue en faisant macérer une substance active dans de l’alcool. Cette substance active est souvent issue du monde végétal : Belladonna (contre la fièvre), Hamamelis (jambes lourdes), Allium cepa (le banal oignon, contre le rhume), etc. Elle peut aussi provenir de minéraux (Calcarea carbonica, Phosphorus, Silicea, etc.) ou de matières animales : encre de seiche (Sepia), venin de serpent (Lachesis).

Le principe actif est ensuite dilué dans du solvant, et la solution fortement agitée entre chaque dilution (procédé appelé dynamisation). On arrive ainsi à des quantités infimes – voire infinitésimales – de principes actifs dans le produit final.

Les deux formes de remèdes homéopathiques

Les granules

Contenues dans un petit tube en plastique, ces petites billes blanches sont emblématiques de l’homéopathie. Elles sont disponibles sans ordonnance ou sur prescription. Sur le tube est indiqué le nom de la souche, écrit en latin, suivi de la dilution exprimée en dilutions centésimales hahnemanniennes (CH), plus rarement, en décimales (DH). Plus le CH est élevé, plus la substance active est diluée.

En revanche, il n’y a aucune indication ni posologie. L’AMM est remplacée par un enregistrement simple qui assure la qualité et la sécurité du médicament.

Les spécialités homéopathiques

On trouve également des comprimés à sucer, sirops, crèmes, solutions et autres suppositoires contenant plusieurs souches homéopathiques. Ils comportent une indication thérapeutique, une posologie et une notice, et sont de ce fait soumis à l’AMM.

Cependant, le laboratoire n’a pas besoin de fournir les résultats d’essais cliniques et de toxicité.

Est-ce que c’est prouvé scientifiquement ?

Aucune étude n’a jamais réussi à faire la preuve scientifique de l’efficacité de l’homéopathie.

Dans un rapport de 2017, le Conseil scientifique des académies européennes des sciences (EASAC) confirmait l’absence de preuve solide et reproductible de l’efficacité des produits homéopathiques. C’est également ce qu’a conclu, en 2019, la Haute autorité de Santé (HAS), après avoir épluché près de 1 000 études.

Et quand les études trouvent une trace d’efficacité, elle est comparable à celle du placebo – tout de même 30 %, ce qui n’est pas rien ! Mais, quand bien même, l’homéopathie n’agirait que par effet placebo, si des granules se révèlent aussi efficaces que les substances allopathiques, et ce sans effets secondaires, pourquoi s’en passer, rétorquent les défenseurs de l’homéopathie.

Le risque, c’est de passer à côté d’une pathologie sérieuse, de ne pas prendre en charge correctement une maladie.

À noter, enfin, que la remise en cause de l’efficacité de l’homéopathie a conduit à leur déremboursement depuis janvier 2021.

En résumé, bien que certaines personnes puissent bénéficier de l’homéopathie, il n’y a pas suffisamment de preuves scientifiques pour soutenir son efficacité globale. Certains professionnels de la santé considèrent l’homéopathie comme une escroquerie, car elle n’a pas de fondement scientifique solide et peut encourager les patients à éviter des traitements médicaux éprouvés.