Qu’est ce que le fichier FICOBA ? Que contient-il ? Qui peut y accéder ?

Vous avez peut-être entendu parler du « FICOBA » lors d’un contrôle fiscal, du règlement d’une succession, ou d’une procédure de recouvrement. Ce nom, qui sonne un peu technique, désigne en réalité un outil administratif très courant en France. Mais de quoi s’agit-il exactement, et faut-il s’en inquiéter ?

fichier FICOBA

Voici tout ce qu’il faut savoir, de manière simple et pratique.

Qu’est-ce que le fichier FICOBA ?

FICOBA est l’acronyme de Fichier des Comptes Bancaires et Assimilés.

Géré par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP), il s’agit d’une gigantesque base de données nationale. Son but premier est de recenser l’ensemble des comptes ouverts, modifiés ou clos sur le territoire français. Dès que vous ouvrez un compte dans une banque en France, l’établissement a l’obligation légale de le déclarer à l’administration fiscale, qui l’inscrit alors au FICOBA.

Ce fichier permet aux autorités de lutter contre la fraude fiscale, le blanchiment d’argent, et facilite grandement le travail des professionnels du droit (comme les notaires) lors des successions.

Que contient réellement le fichier FICOBA ?

C’est souvent la question qui suscite le plus d’inquiétude : l’État sait-il exactement ce que j’achète ou combien j’ai sur mon compte ? La réponse est non. Le FICOBA est un fichier de recensement administratif, et non un outil de suivi financier.

Voici ce que le fichier contient :

  • L’identité de l’établissement bancaire : le nom de la banque ou de l’organisme où le compte est domicilié.
  • L’identité du titulaire du compte : * Pour un particulier : nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse.
    • Pour une entreprise : numéro SIRET, dénomination sociale et adresse.
  • Les caractéristiques du compte : le numéro du compte, sa nature (compte courant, livret A, compte-titres, assurance-vie, etc.), ainsi que les dates d’ouverture, de modification ou de clôture.

Ce que le FICOBA ne contient absolument pas : Il ne contient ni le solde (le montant d’argent disponible) de vos comptes, ni le détail de vos opérations bancaires (vos achats, vos virements, vos retraits).

Qui a le droit de consulter ce fichier ?

Le FICOBA contient des données personnelles sensibles. Par conséquent, son accès est strictement encadré par la loi. Seules certaines personnes et institutions habilitées peuvent le consulter :

  1. L’administration fiscale et les douanes : pour le contrôle de l’impôt, le recouvrement des dettes fiscales et la lutte contre la fraude.
  2. La justice et la police : les magistrats, les officiers de police judiciaire (OPJ) dans le cadre d’enquêtes pénales.
  3. Les organismes sociaux : la CAF, la CPAM ou France Travail peuvent le consulter pour vérifier l’éligibilité à certaines aides sociales et traquer la fraude.
  4. Les professionnels du droit mandatés :
    • Les notaires : c’est indispensable pour eux lors d’une succession, afin de s’assurer qu’aucun compte du défunt n’est oublié.
    • Les commissaires de justice (anciens huissiers) : lorsqu’ils disposent d’un titre exécutoire (une décision de justice) pour récupérer une dette, ils peuvent l’utiliser pour procéder à une saisie sur compte bancaire.

Pouvez-vous consulter votre propre fiche dans le fichier FICOBA ?

Oui, tout à fait. En vertu du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et de la loi Informatique et Libertés, vous avez le droit d’accéder aux données qui vous concernent.

  • Pour vous-même : Vous devez adresser une demande écrite, accompagnée d’une copie de votre pièce d’identité, au Centre des impôts dont vous dépendez.
  • Pour un proche décédé : Si vous êtes un héritier légitime, vous pouvez demander à votre centre des impôts de vous fournir la liste des comptes du défunt (bien que, très souvent, le notaire en charge de la succession s’occupe directement de cette démarche pour vous).

Comment demander à consulter le fichier FICOBA ?

Voici les démarches détaillées, étape par étape.

Il est important de noter qu’une réforme majeure a eu lieu récemment (en janvier 2025) : la CNIL ne gère plus du tout l’accès à ce fichier. Tout passe désormais directement par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).

Voici comment procéder selon votre situation.

Cas n°1 : Vous souhaitez consulter vos données dans le fichier FICOBA

Cette démarche est très utile si vous soupçonnez une usurpation d’identité, si l’on vous refuse l’ouverture d’un Livret A (parce que vous en auriez déjà un oublié), ou pour faire le point sur vos vieux comptes. La procédure est désormais 100 % en ligne et gratuite.

La démarche à suivre :

  1. Connectez-vous à votre espace Particulier sur le site officiel impots.gouv.fr.
  2. Rendez-vous dans la rubrique « Autres services ».
  3. Cliquez sur l’option permettant de faire une demande d’accès au FICOBA.
  4. Choisissez le module « demande formulée pour son propre compte » (vous pouvez également le faire pour un enfant mineur dont vous êtes le représentant légal).

Il n’y a plus de courrier à envoyer pour vous-même, le document vous sera transmis directement via votre espace sécurisé.

Cas n°2 : Vous souhaitez consulter le fichier FICOBA concernant un proche décédé

En tant qu’héritier (ayant-droit), vous avez tout à fait le droit de demander l’accès aux données du défunt pour vous assurer qu’aucun compte n’a été oublié lors de la succession. Contrairement à la demande pour soi-même, celle-ci se fait obligatoirement par courrier.

Les documents à fournir (photocopies) :

  • Une copie de votre pièce d’identité en cours de validité (carte d’identité, passeport).
  • Une copie de l’acte de décès de la personne concernée.
  • Un justificatif de votre qualité d’héritier (un acte de notoriété établi par un notaire, un certificat d’hérédité, ou, pour les successions simples, une copie du livret de famille à jour).

Où envoyer le courrier ? Centre national de traitement FBFV BP 31 77421 Marne-la-Vallée cedex 02

Prénom NOM
Votre Adresse complète
Votre Numéro de téléphone
Votre Adresse e-mail

Centre national de traitement FBFV
BP 31
77421 Marne-la-Vallée cedex 02

Fait à [Votre Ville], le [Date du jour]

Objet : Demande d’accès au fichier FICOBA de feu(e) [Prénom et NOM du défunt]

Madame, Monsieur,

En ma qualité d’héritier(e) de [Monsieur/Madame Prénom NOM du défunt], né(e) le [Date de naissance] à [Lieu de naissance] et décédé(e) le [Date du décès] à [Lieu du décès], je vous sollicite par la présente afin d’obtenir la liste des comptes bancaires et assimilés inscrits au fichier FICOBA à son nom.

Conformément à la réglementation en vigueur, vous trouverez ci-joint les documents justifiant de mon identité et de ma qualité d’ayant-droit :

– Une copie de ma pièce d’identité

– Une copie de l’acte de décès

– [Précisez le document : Une copie de l’acte de notoriété / du livret de famille] prouvant ma qualité d’héritier(e).

Je vous remercie par avance de bien vouloir me faire parvenir ces informations à mon adresse postale indiquée en en-tête.

Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Signature


⚠️ Conseil de prudence (Actualité 2026) : Suite à des tentatives d’accès illégitimes au fichier FICOBA signalées par la DGFiP mi-février 2026, de nombreuses campagnes de SMS ou d’e-mails frauduleux (phishing) circulent. L’administration fiscale ne vous demandera jamais vos identifiants, mots de passe ou numéros de carte bancaire par message. Si vous recevez un message alarmant concernant vos comptes ou vos impôts, ne cliquez sur aucun lien et connectez-vous toujours de vous-même sur impots.gouv.fr.


En conclusion : Ce qu’il faut retenir du fichier FICOBA

Bien que son nom puisse paraître impressionnant, le fichier FICOBA n’est finalement qu’un vaste annuaire administratif des comptes ouverts en France. Il est primordial de se rassurer sur un point : il ne permet en aucun cas à l’État d’espionner vos achats au quotidien ou de connaître le montant exact de vos économies.

Strictement protégé par la loi, c’est avant tout un outil conçu pour sécuriser le système financier (lutte contre la fraude) et faciliter des démarches souvent lourdes. Loin d’être une menace, il s’avère être un allié précieux : il vous permet de faire facilement le point sur vos propres comptes oubliés, ou de garantir aux héritiers qu’aucune épargne ne soit perdue lors du règlement de la succession d’un proche.