Titres-restaurant : Plafond, règles et achats en supermarché

Les titres-restaurant (souvent appelés « tickets restos ») sont un avantage salarial très apprécié, mais leurs règles d’utilisation peuvent parfois sembler floues. Commerçants qui refusent de rendre la monnaie, interdiction de payer le dimanche, restrictions sur certains aliments en supermarché…

utilisation des titres restaurant

Que dit vraiment la loi aujourd’hui ? Faisons le point pour vous aider à utiliser vos titres en toute sérénité.

1. Qu’est-ce qu’un titre-restaurant exactement ?

Le titre-restaurant est un moyen de paiement spécifique, encadré par le Code du travail (Art. L 3262-1). Il est remis par l’employeur aux salariés qui ne disposent pas d’une cantine d’entreprise, afin de les aider à financer leurs repas lors des jours travaillés.

  • Un avantage cofinancé : L’employeur prend à sa charge entre 50 % et 60 % de la valeur du titre (avec un plafond d’exonération fixé à 7,32 € en 2026). Le reste est déduit directement du salaire de l’employé.
  • La fin programmée du papier : Si le carnet de chèques papier existe encore aujourd’hui de manière résiduelle, il est voué à disparaître d’ici 2027. La norme est aujourd’hui dématérialisée : carte à puce prépayée ou application sur smartphone.

2. Plafond et règles d’utilisation au quotidien

L’usage des titres-restaurant est strictement encadré, même si dans la pratique, une certaine souplesse est parfois observée (comme le fait de les céder à un proche ou à une personne dans le besoin, bien que les titres soient théoriquement nominatifs).

  • Le plafond de 25 € par jour : Contrairement à l’ancienne limite de 19 €, le plafond d’utilisation quotidien est aujourd’hui fixé à 25 €. Avec une carte ou une application, vous êtes débité au centime près.
  • Rendu de la monnaie : Si vous utilisez encore des titres papier, la loi est formelle : le commerçant a l’interdiction de vous rendre la monnaie. Il ne peut le faire que si vous complétez votre paiement avec des espèces.
  • Jours et lieux d’utilisation : Vous ne pouvez utiliser vos titres que pendant vos jours de travail. Ils sont donc, en principe, inutilisables les dimanches et jours fériés, sauf si votre contrat stipule que vous travaillez ces jours-là (une mention spéciale est alors requise). Géographiquement, leur usage est limité au département de votre lieu de travail et aux départements limitrophes, sauf dérogation de votre employeur.

3. Supermarché : que peut-on vraiment acheter ?

C’est la question qui fâche le plus souvent en caisse. À l’origine, le titre-restaurant ne servait qu’à payer un repas directement consommable au restaurant ou en boulangerie.

Excellente nouvelle pour le pouvoir d’achat en 2026 : le Parlement a prolongé jusqu’au 31 décembre 2026 la dérogation permettant d’acheter tous les produits alimentaires en supermarché.

Ce que vous POUVEZ acheter (jusqu’à fin 2026) :

  • Les plats préparés, salades, sandwichs, snacking.
  • Les fruits et légumes (frais ou surgelés).
  • Les produits laitiers (yaourts, fromages).
  • Les produits non directement consommables : viandes et poissons crus, pâtes, riz, œufs, farine, huile, beurre, etc.

Ce qui reste STRICTEMENT EXCLU :

  • Les boissons alcoolisées.
  • Les confiseries, glaces et sorbets (sauf exceptions selon les enseignes).
  • L’alimentation pour animaux.
  • Tous les produits non alimentaires (hygiène, entretien, bazar, etc.).

À noter : En caisse, les supermarchés ont informatisé ces règles. Les produits éligibles (reconnus par leur code-barres) sont automatiquement isolés pour vous permettre de les payer avec votre carte restaurant, dans la limite de vos 25 € quotidiens.


4. Validité, péremption et acteurs du marché

Quelle est la durée de validité ?

Les titres-restaurant (papier ou dématérialisés) émis lors d’une année « N » sont valables jusqu’à la fin du mois de février de l’année « N+1 ». Exemple : Un titre chargé sur votre carte en 2026 sera utilisable jusqu’au 28 février 2027.

Si vous avez un solde inutilisé à la fin de cette période, pas de panique ! Vous avez 15 jours pour demander à votre employeur de les échanger contre des titres du nouveau millésime (sur les applications, ce transfert est souvent proposé automatiquement ou en un clic).

Qui sont les émetteurs ?

Le marché s’est fortement modernisé avec la dématérialisation. Aux côtés des acteurs historiques qui ont changé de nom ou modernisé leurs offres, on trouve de nouvelles « Fintechs » :

  • Edenred (Ticket Restaurant)
  • UpCoop (UpDéjeuner, ex-Chèque Déjeuner)
  • Pluxee (nouveau nom de Sodexo Pass Restaurant)
  • Bimpli (groupe BPCE, fusion de Apetiz/Chèque de Table)
  • Swile (ex-Lunchr, pionnier de la carte intelligente)

Conclusion

L’utilisation des titres-restaurant s’est considérablement assouplie et modernisée ces dernières années pour s’adapter à l’inflation et au télétravail. Le plafond à 25 € et la prolongation de l’achat de tous les produits alimentaires en supermarché jusqu’à fin 2026 en font un véritable atout pour votre budget mensuel.

N’oubliez pas de surveiller la date de péremption de vos crédits fin février pour ne rien perdre de cet avantage !