Il est certes très tentant d’acheter à crédit quand on ne veut pas débourser une grosse somme d’un coup.

Strictement réglementé par la loi, le crédit à la consommation n’est cependant pas sans danger. Cet article vous aide à bien en maîtriser tous les rouages pour mieux vous protéger.
S’y retrouver entre les différents crédits à la consommation
Le crédit à la consommation est d’un montant maximal de 75 000 euros et d’une durée d’au moins trois mois. Ce montant est fixé et défini par les articles L311-1 et suivants du Code de la consommation. Il peut prendre plusieurs formes. Pour savoir à quoi l’on s’engage, il est donc important de bien connaître le type de crédit que l’on va signer. Il en existe trois sur le marché. Ils peuvent être proposés :
- Soit par le vendeur rémunéré en contrepartie. C’est le cas des crédits proposés dans les grands magasins ou chez les concessionnaires automobiles.
- Soit directement par un établissement financier, à savoir votre banque ou un autre organisme de crédit (Cofinoga, Finaref, Cofidis, etc.).
Le crédit personnel classique
Généralement proposé pour financer une voiture, du mobilier, une télévision, un voyage, des travaux, c’est le plus simple. Il n’est pas lié à l’achat d’un bien en particulier. C’est un prêt généralement remboursable par mensualités durant trois mois à cinq ans avec un taux d’intérêt fixe. Les taux annoncés sont parfois très bas, mais c’est sans compter les frais de dossier et les assurances ! Examinez le coût total du crédit !
Le crédit affecté
Souvent proposé par le vendeur sur le lieu de vente, il concerne le financement d’un bien déterminé et ne peut donc servir à financer autre chose. Résultat : la vente et le crédit sont liés. Il est donc très protecteur pour le consommateur en cas de problème ou de changement d’avis. Pourquoi ? D’une part, si le bien n’est pas livré, vous ne serez pas tenu de rembourser le crédit. D’autre part, si le prêt vous est refusé ou si vous décidez d’y renoncer dans le délai légal, votre achat sera automatiquement annulé.
Le crédit renouvelable ou permanent appelé « crédit revolving »
C’est le crédit le plus dangereux. Proposé par un organisme ou avec la carte d’un grand magasin ou d’une grande surface, au moment des passages en caisse ou même sur simple appel téléphonique, on vous promet une réserve d’argent dans laquelle vous n’aurez qu’à piocher quand bon vous semble. Le rêve ? Non, car cet argent vous est prêté et il faudra le rembourser.
Or les conditions de remboursement (taux, mensualités…) sont rarement claires et surtout très coûteuses. Les taux d’intérêt sont plus élevés que pour un crédit à la consommation classique, et les petites mensualités proposées sont séduisantes, mais renchérissent le coût total du crédit.
De plus, le taux d’intérêt est variable chaque année. On vous annonce un taux de 3,5 % pour une première utilisation de la réserve d’argent, puis il passe à 17,36 % ! Résultat : vous ne savez pas à quoi vous vous engagez et vous vous retrouvez avec des sommes astronomiques à rembourser, les taux d’intérêt pouvant monter jusqu’à 20 % ! Sachez qu’on recense en moyenne six crédits revolving dans 82 % des dossiers de surendettement.
Les points importants
Quel que soit le type de crédit que vous choisissez, restez averti de vos droits pour ne pas vous retrouver piégé.
Prenez connaissance des conditions de votre engagement
L’offre de crédit doit vous être faite obligatoirement par écrit par l’établissement financier, qui vous remettra un document appelé « Offre préalable de crédit » en deux exemplaires. Il récapitule l’ensemble des caractéristiques et des modalités du prêt proposé : montant, taux, durée, coût global du crédit, montant des frais de dossier et coût de l’assurance. Les conditions qui y figurent sont valables quinze jours au minimum et organisme ne peut pas les modifier. Relisez attentivement l’offre chez vous pour réfléchir avant de l’accepter.
Une fois l’offre signée vous pouvez encore vous rétracter
À compter de votre acceptation, un nouveau délai de sept jours est ouvert, pendant lequel vous pouvez vous rétracter. Durant ce délai, il ne doit être versé aucun acompte au vendeur. Si l’achat à crédit est effectué auprès d’un démarcheur à domicile ou par correspondance, le délai de sept jours ne court qu’à partir de la livraison du bien.
Votre remboursement peut être suspendu ou anticipé
Les crédits à la consommation, personnels, affectés ou permanents, peuvent prévoir la possibilité de suspendre le remboursement pendant un ou plusieurs mois. Les mensualités correspondantes sont alors reportées à la fin du prêt. Renseignez-vous avant de signer ! Le remboursement anticipé, total ou partiel doit être autorisé sans pénalités sur tous les crédits. S’il s’agit d’un remboursement partiel, un montant minimum peut être exigé.
Crédit gratuit : flairez le piège
De nombreux magasins proposent un crédit gratuit à leurs clients sur certains produits. Mais cette gratuité a un prix ! En général, le crédit gratuit n’est pas accordé sur tous les produits, mais seulement sur les produits les plus chers. Cela perd de son intérêt. Mais surtout, le crédit gratuit est généralement proposé en échange de la souscription d’une carte de crédit. Or cette carte comporte un crédit permanent à des conditions très onéreuses. Si vous l’utilisez, cela vous coûtera très cher au final ! C’est pourquoi la loi impose que ce deuxième crédit fasse l’objet d’une deuxième offre préalable.
Assurance : attention au coût
Les organismes prêteurs proposent toujours l’adhésion à une assurance. Elle est en général facultative, mais peut aussi être imposée, par exemple si le montant du prêt est élevé. Elle vous couvre et se substitue à vous si vous ne pouvez plus rembourser en cas de décès ou d’invalidité totale et permanente, en cas d’incapacité temporaire de travail, et même en cas de chômage.
Attention : Ces contrats sont très restrictifs et ne jouent pas dans certains cas (maternité, suicide…). Quant aux assurances chômage, elles ne concernent que les salariés et excluent certaines situations (fin de contrat à durée déterminée, licenciement pour faute, démission volontaire…). Elles sont aussi souvent affectées d’une limite d’âge (de 55 à 70 ans selon les contrats). En outre, leur coût est élevé et peut faire sérieusement augmenter le montant global de votre crédit. Pesez bien le pour et le contre avant d’y souscrire.
Comment savoir combien on peut emprunter ?
Avant la souscription d’un crédit, vous devez déterminer vos ressources réelles.
Ne prenez pas de risques en souscrivant un crédit trop important que vous ne pourriez pas rembourser. Votre endettement ne doit pas dépasser 30 % de vos revenus nets. Pour analyser vos capacités de remboursement, les banques et les organismes de crédit calculent généralement votre taux d’endettement.
Pour cela, les organismes prêteurs se basent sur le montant de vos revenus, de vos charges et de votre reste à vivre. Le reste à vivre est la différence entre l’ensemble des revenus mensuels du foyer et l’ensemble des charges mensuelles récurrentes, comprenant par exemple : loyer, frais courants (alimentation, transport, frais d’entretien et d’éducation…).
Le taux d’endettement prend en compte la totalité des charges mensuelles de crédit, c’est-à-dire l’addition des mensualités de tous les prêts déjà contractés (crédit à la consommation, crédit auto…). Il est évalué en pourcentage des revenus. Sachez que plus il est bas, plus votre situation financière est stable.