Mise à jour le 19 août 2023
Légalement, vous n’êtes pas tenu d’informer votre employeur. Les problèmes de santé relèvent de la vie privée, et en cas d’arrêt de travail, celui-ci n’a pas à être motivé.

Souvent, les salariés atteints d’un cancer préfèrent cacher leur maladie par peur d’être stigmatisés, voire d’être mis à l’écart dans l’entreprise (refus de promotion, non-convocation aux réunions, évitement des collègues…). Dans certains cas, les soins ne nécessitent pas d’arrêts répétés et sont compatibles avec la poursuite de l’activité professionnelle.
Le silence peut être préjudiciable lorsque des traitements lourds (chimiothérapie, radiothérapie) ou une hospitalisation entraînent des arrêts maladie fréquents ou longs et une fatigue importante. La bonne marche du service et de l’entreprise peut en être affectée. Pour que la hiérarchie n’interprète pas à tort des absences répétées, qui seraient dues à une démotivation par exemple, le salarié a intérêt à prévenir dans un premier temps le médecin du travail (tenu au secret professionnel) et, selon le cas, son manager ou sa direction des ressources humaines. S’il existe des cas de discrimination, l’annonce de la maladie suscite aussi, et d’abord, de la compassion.
La difficulté pour le salarié, comme pour l’employeur, tient au fait qu’on ne sait pas combien de temps va durer la maladie.
Concrètement, l’organisation du travail dans le service doit être repensée. Et chaque cas est différent. Certains salariés vont être absents de l’entreprise un mois, d’autres une année ou plus. Tout dépend aussi de l’entreprise, de sa taille, des mesures d’accompagnement et de réinsertion qu’elle met en œuvre.
La reprise du travail à « temps partiel pour raison thérapeutique » s’effectue après prescription du médecin traitant, avis du médecin-conseil de la caisse d’assurance-maladie et, en dernier ressort,
celui du médecin du travail à la suite de la visite médicale de reprise.
Près de 80 % des salariés touchés par un cancer reprennent le travail dans les deux ans suivant l’annonce de leur maladie.
Dans certains cas, le malade peut obtenir la reconnaissance du statut de travailleur handicapé, pendant cinq ans (renouvelable). C’est une autre façon, pour le salarié, d’être protégé.