Compléments alimentaires : De quoi parle-t-on ?

S’ils sont pertinents dans certains (rares) cas, les compléments alimentaires peuvent, dans d’autres, s’avérer au contraire néfastes. Ils sont donc à utiliser à bon escient et pour ce qu’ils sont : des compléments visant à optimiser l’alimentation (et non la remplacer).

Aliment

Ils ont la forme d’un médicament, s’utilisent comme un médicament, sont vendus en pharmacie comme un médicament…, mais ce ne sont pas des médicaments !

Selon la directive 2002/46/CE, les compléments alimentaires sont “des denrées alimentaires dont le but est de compléter un régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments et autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés.” Ils ne sont donc pas soumis à l’Autorisation de mise sur le marché (AMM) et n’ont pas à faire la preuve de leur efficacité.

Raison pour laquelle ils ne peuvent prétendre prévenir ou guérir une maladie. S’ils le font, c’est illégal ! En revanche, certaines “allégations nutritionnelles” sont autorisées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Mais il y en a peu : un peu plus de 200 sur les quelque 44 000 dossiers de demande déposés.

Quelques exemples : “Le magnésium contribue à réduire la fatigue” ; “contribue au fonctionnement normal du système immunitaire”, autorisée pour la vitamine C, D, le cuivre et le zinc. A contrario, les mentions “booste les défenses immunitaires”, “prévient les infections virales et respiratoires”, par exemple, relèvent purement et simplement de la fraude caractérisée.

Une liste de substances autorisées

Les compléments alimentaires peuvent contenir :

  • Des vitamines et minéraux : vitamine D, magnésium, calcium…
  • Des plantes (à l’exception des plantes destinées à un usage exclusivement thérapeutique) : valériane, aubépine, vigne rouge, radis noir…
  • Des substances à but nutritionnel ou physiologique : taurine, oméga 3, mélatonine, caféine…
  • Des ingrédients d’origine animale : gelée royale, propolis, huile de poisson…
  • Des ferments et levures : probiotique, levure de bière…

Plusieurs textes listent les ingrédients autorisés ainsi que les conditions d’emploi, les doses autorisées et les précautions d’emploi. À charge de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de contrôler cette composition.

Les grandes règles à respecter

  • Demandez conseil à votre médecin, pharmacien, diététicien-nutritionniste, micronutritionniste.
  • En cas de pathologies, traitement médicamenteux, grossesse, prenez systématiquement l’avis d’un professionnel.
  • Achetez vos compléments alimentaires dans des points de vente “officiels” : pharmacies, parapharmacies, magasins à enseigne, sites Internet français. La mention “complément alimentaire”, l’adresse du fabricant, la liste des ingrédients, les conseils d’utilisation, les avertissements doivent figurer sur le packaging, en français.
  • Afin d’éviter les surdosages et interactions, évitez de prendre plusieurs compléments alimentaires à la fois.
  • Privilégiez les formules simples, avec des dosages apportant au maximum 100 à 300 % des ANC (Apports Nutritionnels Conseillés) selon les nutriments. Évitez les formules “cocktail” additionnant les substances (parfois jusqu’à
    une vingtaine!).
  • Respectez les précautions d’emploi, posologies et contre-indications.
  • Évitez les prises au long cours ou répétées sans avis professionnel.
  • Méfiez-vous des produits affichant une action très large, des promesses miracles ou des allégations thérapeutiques.

Les Français et les compléments alimentaires

  • Combien ? 58 % des Français consomment des compléments alimentaires, dont 44 % depuis moins d’un an.
  • Pourquoi ? Depuis le début de la crise sanitaire, 47 % le font pour renforcer leur système immunitaire, 38 % pour la vitalité, 36 % pour améliorer leur sommeil, 31 % pour combler des déficiences alimentaires, 30 % pour réguler leur stress ou humeur.

Attention aux interactions médicamenteuses

Certains compléments alimentaires peuvent diminuer ou augmenter les effets de certains médicaments. Par exemple :

  • La taurine peut abaisser la pression sanguine. Attention en cas de traitement hypotenseur.
  • L’acide alpha-lipoïque (antioxydant) peut abaisser la glycémie : il convient donc d’être vigilant en cas de traitement hypoglycémiant.
  • Le GABA, un neurotransmetteur qui régule l’anxiété, peut amplifier l’effet des antidépresseurs.
  • Les oméga 3 et l’ail ne doivent pas être pris en même temps que les anticoagulants ou avant une intervention chirurgicale, de par leur capacité à prévenir la formation de caillots sanguins.
  • La L-tyrosine, un acide aminé bénéfique sur la fonction cognitive et la résistance à l’effort, peut altérer les effets des traitements de la thyroïde.
  • La niacine, ou vitamine B3, peut interférer avec des médicaments traitant l’épilepsie, le cholestérol, l’hypertension artérielle, le diabète de type II, les problèmes cardiaques.

Une liste bien évidemment non exhaustive!