Homéopathie : Les granules, mode d’emploi

Le principe actif étant en quantité infime dans le remède, l’homéopathie est dénuée d’effets secondaires. Raison pour laquelle elle peut être utilisée par les femmes enceintes et les nourrissons.

Granule

Il est un point sur lequel l’homéopathie est plus simple que l’allopathie : la posologie. La dilution et le nombre de granules sont les mêmes, que l’on ait 6 mois ou 66 ans ! En l’occurrence, on prend
généralement 3 à 5 granules à chaque prise, à laisser fondre sous la langue.

Il existe aussi des “globules” : le tube contient 200 globules, dix fois plus petits que les granules. Le contenu est à prendre en une seule fois.

Pour un nourrisson, on dissout les granules dans un peu d’eau, et l’on donne au biberon ou à la pipette.

Pour autant, l’automédication en homéopathie doit respecter quelques règles.

  • Soyez assez sûr de votre diagnostic. Comme pour toute automédication. Attention, par exemple, à ne pas confondre l’impétigo du petit enfant avec de l’eczéma.
  • Restez sur des pathologies récentes et pour lesquelles on ne consulterait pas forcément, comme un rhume ou deux nuits d’insomnie.
  • Observez attentivement vos symptômes, afin de choisir le bon remède. Alors que du paracétamol fera toujours baisser la fièvre, pour obtenir le même résultat en homéopathie, il va falloir tenir compte à la fois de ce symptôme et de la façon dont elle réagit. Si la personne a soif et qu’elle transpire, le remède sera plutôt Belladonna ; si elle ne transpire pas, on pensera à Aconitum napellus ; mais on recommande aussi parfois Dulcamara, Ferrum phosphoricum ou Gelsemium sempervirens. En outre, Belladonna est censé traiter une personne qui a pris froid par temps chaud et sec, et Aconit celle qui présente en plus des signes d’agitation anxieuse. Et si l’on ne présente pas toutes les caractéristiques d’un remède ? On choisit celui dont on se sent le plus proche. On peut, évidemment, en conjuguer plusieurs. Et si le premier choix semble n’avoir pas d’effets, rien n’interdit de changer de traitement au bout de six à douze heures.
  • Fixez-vous un délai. Si l’on soigne par exemple sa rhino-pharyngite avec Kalium bichromicum, et qu’elle ne s’est pas améliorée au bout de trois ou quatre jours, c’est que le choix homéopathique ne la traite pas, voire qu’elle s’est compliquée. Il est alors plus prudent de consulter.
  • Respectez la fréquence des prises. Dans les affections aiguës (les seules que l’on est censé traiter en automédication), il est recommandé de répéter les prises toutes les heures ou toutes les deux heures pendant 48 heures, puis de passer à trois ou quatre prises par jour. Si l’on recourt à deux remèdes différents, on peut les prendre ensemble, mais l’idéal consiste tout de même à les avaler en alternance toutes les deux heures. Les posologies sont plus espacées pour les infections chroniques et les remèdes au-delà de 9 CH : une à deux fois par jour. Et plus encore pour les remèdes de fond (une fois par semaine ou par mois).
  • Espacez les prises au fur et à mesure que les symptômes s’atténuent pour les arrêter progressivement : c’est l’une des grandes règles de l’homéopathie. Il ne faut surtout pas poursuivre un traitement homéopathique sous prétexte qu’il s’est montré efficace, cela risquerait d’engendrer de nouveaux problèmes.

Allopathie et homéopathie : pas de risque d’interaction

Avec l’absence d’effet secondaire, c’est l’autre point fort de l’homéopathie : aucun risque d’interaction avec un traitement allopathique. L’homéopathie peut donc être utilisée parallèlement à l’allopathie qui demeure, pour certaines affections, incontournable.

Ainsi face à une angine à streptocoques, le médecin homéopathe, lui-même, ajoutera des antibiotiques à sa prescription. On peut parfaitement prendre des médicaments pour l’hypertension et recourir en même temps à l’homéopathie pour soigner son rhume, par exemple. Face à des migraines ou des manifestations allergiques partiellement soulagées par la médecine allopathique, rien
n’empêche d’appeler les granules en renfort pour améliorer les résultats. Ou encore de les utiliser en complément pour atténuer les effets secondaires de certains traitements (fatigue, nausées, anxiété, constipation).

Seule recommandation : mieux vaut prendre les granules 15 minutes avant les autres médications.

Consulter ? Pourquoi pas

Si l’automédication est sans risque en homéopathie, consulter un spécialiste sera toujours plus efficace. Ce rendez-vous rendra l’automédication plus facile, en permettant de se familiariser avec l’homéopathie. Pour cette médecine, rappelons-le, l’essentiel n’est pas la maladie, mais la façon dont le patient y réagit.

D’où un interrogatoire poussé visant à trouver le remède adapté à chaque patient. Et des questions qui peuvent paraître étonnantes, telles que : “Avez-vous toujours soif, ou au contraire jamais ?” ; “Préférez-vous les aliments sucrés ou salés ?” ; “Êtes-vous frileux ou avez- vous toujours trop chaud ?”.

Second intérêt d’une consultation préalable : elle permet au médecin d’apprendre à nous connaître et de trouver les remèdes qui nous conviennent.

Certains spécialistes estiment même que l’effet placebo de l’homéopathie pourrait s’expliquer par ce temps passé par le médecin avec son patient, nécessaire pour un traitement individualisé – l’un des principes de l’homéopathie.