Phytothérapie et aromathérapie : La santé par les plantes

546 plantes sont inscrites à la Pharmacopée française, 11e édition, dont 416 sur la liste A (plantes médicinales utilisées traditionnellement), et 130 sur la liste B (plantes dont les effets indésirables potentiels sont supérieurs au bénéfice thérapeutique attendu).

Phytothérapie

Se soigner avec des plantes ou des huiles essentielles ? Ce n’est plus réservé aux adeptes du New age ! Dans un contexte global de retour au naturel et de recherche du bien-être, la phytothérapie et l’aromathérapie connaissent un véritable boom, y compris (et surtout) en automédication. On vous le redit cependant : naturel ne rime pas avec sans danger. On reste particulièrement vigilant sur les contre-indications, les interactions possibles, mais aussi le respect des doses conseillées. Le plus n’est pas le mieux !

Si les remèdes à base de plantes sont souvent moins agressifs que les médicaments classiques, leur usage n’est cependant pas toujours facile et nécessite de prendre des précautions.

Les plantes en quelques chiffres

  • 350 000 espèces sont répertoriées dans le monde.
  • 398 plantes médicinales sont réservées aux pharmaciens.
  • 148 plantes médicinales peuvent être vendues en dehors des pharmacies.

Qu’est-ce que la phytothérapie ?

Du grec “phyto”, signifiant “plantes”, et “therapeia”, pour “traitement”, la phytothérapie consiste à utiliser des plantes pour prévenir ou soigner certains maux et maladies. Et l’on peut dire que depuis que l’Homme existe, il pratique cette médecine.

Très présente dans la plupart des pays d’Asie, chez nous, la phytothérapie a décliné au siècle dernier, avec le développement de la chimie de synthèse. En 1986, la phytothérapie a toutefois été officiellement reconnue en France comme une approche de soin à part entière. Depuis une vingtaine d’années, elle connaît un regain d’intérêt. Aujourd’hui, plusieurs milliers de médecins l’exercent, et elle est au centre de la naturopathie, cette pratique de santé en plein essor.

La crise sanitaire a, évidemment, rebattu les cartes : au premier confinement, on a noté un pic de consommation des compléments alimentaires dédiés aux défenses immunitaires, dont de nombreux recèlent des plantes.

Le “totum” : une synergie unique de principes actifs

Contrairement à la plupart des médicaments produits chimiquement basés sur une seule molécule active, les plantes renferment de nombreuses substances. Certaines sont des molécules actives : elles sont dotées d’une action pharmacologique. D’autres sont des molécules “utiles” : elles n’ont pas d’action pharmacologique à proprement parler, mais peuvent, dans l’organisme, moduler l’effet des composés actifs ou en améliorer l’absorption.

Les deux sont donc essentielles. Ensemble, elles constituent ce que l’on appelle le “totum” de la plante. Ainsi, la plante agit par cette association complexe – et inimitable – de composés qui opèrent en synergie et se potentialisent en augmentant mutuellement leurs effets respectifs.

Un savoir empirique… parfois démontré cliniquement

La phytothérapie repose sur un savoir empirique enrichi au fil des générations. Parmi les quelque 350 000 espèces végétales actuellement répertoriées, l’OMS a établi une liste de plus de 22 000 plantes médicinales utilisées par les médecines traditionnelles. Toutefois, à peine 2 000 ou 3 000 d’entre elles ont fait l’objet d’études scientifiques, chimiques ou pharmacologiques.

Pour obtenir l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), un médicament de phytothérapie doit fournir un dossier qui démontre que les plantes ont un usage médical bien établi, avec une efficacité reconnue et des risques de mauvais usage faibles. Néanmoins, les laboratoires ne sont pas tenus de fournir des essais cliniques. Et comme ces études coûteuses ne débouchent pas sur
un brevet assurant l’exclusivité du marché, bien peu sont prêts à investir les sommes nécessaires.

Les études sont essentiellement menées par des universitaires et beaucoup restent à faire… Heureusement, il existe différents garde-fous. En France, l’ANSM met régulièrement à jour la Pharmacopée française, répertoire officiel des plantes considérées comme possédant des propriétés médicinales.

À l’échelle européenne, l’Agence européenne du médicament (EMA) est dotée d’un Comité des médicaments à base de plantes (HMPC) chargé d’élaborer des monographies d’usage thérapeutique
harmonisées pour l’Europe. Près de 150 plantes y sont actuellement recensées.

Est-ce vrai que certains médicaments allopathiques proviennent de plantes ?

Oui, et pas qu’un peu ! Entre 40 et 70 % des médicaments sont issus ou dérivés de substances naturelles (plantes, organismes marins, micro-organismes).

C’est le cas de l’un des médicaments les plus consommés dans le monde : l’aspirine ou acide acétylsalicylique, qui provient du saule blanc. La fameuse morphine, aujourd’hui produite par synthèse chimique, est issue du pavot à opium. Tout comme la codéine d’ailleurs. Parmi les médicaments anticancéreux, le taxotère provient, lui, de l’if. Merci Dame Nature !