Phytothérapie : Attention aux effets indésirables

Les plantes sont un véritable réservoir de molécules actives, à qui elles leur doivent leur action… mais aussi d’éventuels effets indésirables, allergies ou interactions avec des médicaments.

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Phytothérapie + médicament : attention aux mauvaises combinaisons

On ignore souvent que les plantes peuvent influer sur l’efficacité des médicaments, et pourtant, c’est bien le cas ! Soit la plante dégrade purement et simplement le médicament, qui perd alors son efficacité. Soit, au contraire, elle bloque l’enzyme responsable de sa dégradation. Résultat : les substances s’accumulent dans l’organisme.

Quelques exemples :

  • Le millepertuis, utilisé en cas de dépression légère ou parfois comme anti-inflammatoire, peut majorer l’effet d’un antidépresseur et induire tremblements, diarrhées et confusion. À l’inverse, il va réduire à néant, ou presque, l’effet des antirétroviraux, d’un contraceptif oral ou de certains antibiotiques.
  • La mélisse fait mauvais ménage avec les sédatifs et les traitements de la thyroïde.
  • Riche en vitamine K, la sauge est à utiliser avec précaution chez les personnes prenant un traitement anticoagulant. Elle est également susceptible d’interagir avec des médicaments contre l’anxiété (les benzodiazépines), les troubles psychiques (neuroleptiques) et l’épilepsie. Du fait de son action “œstrogène like”, elle est à éviter en cas de cancer hormono-dépendant.
  • Les compléments à base de pamplemousse sont à éviter avec les statines, les traitements contre l’hypertension et certaines chimiothérapies.

Une liste, bien sûr, non exhaustive, d’où l’intérêt de prendre conseil auprès d’un professionnel. Et d’informer son médecin traitant de son traitement de phytothérapie.

Prudence avec certaines plantes laxatives

En 2019, l’Académie nationale de pharmacie mettait en garde contre les compléments alimentaires à visée laxative à base de suc d’aloe, de racine de rhubarbe ou de séné. Leur “usage prolongé provoque une dépendance, il n’est plus possible d’aller à la selle sans médicament. À long terme, des lésions définitives de la paroi interne de l’intestin peuvent apparaître”, rappelle l’Académie, qui demande leur interdiction pure et simple.

D’autres laxatifs doux existent en phytothérapie : le son de blé, la gomme de guar, les graines de lin. Sans oublier le bon vieux pruneau qui se révèle, lui aussi, souvent suffisant pour débloquer… la situation.

Les précautions à prendre et les contre-indications de la phytothérapie

  • Demandez conseil à votre pharmacien : il est en effet le spécialiste des plantes. Informez-le de vos symptômes, vos pathologies et éventuels traitements en cours.
  • Informez votre médecin que vous prenez des produits à base de plantes.
  • N’arrêtez jamais votre traitement allopathique pour lui substituer la phytothérapie.
  • Si vous souffrez d’une maladie chronique, redoublez de vigilance, demandez systématiquement conseil à un professionnel.
  • N’associez jamais plusieurs plantes sans le conseil d’un professionnel. Comme les médicaments, les plantes peuvent interagir entre elles et mutuellement augmenter leur toxicité.
  • Respectez les posologies et précautions d’emploi.
  • Fournissez-vous de préférence en pharmacie et parapharmacie. Évitez les achats sur Internet ou à l’étranger.
  • Prudence avec les plantes étrangères, indiennes ou chinoises notamment.
  • Si vous êtes enceinte ou allaitez, demandez systématiquement conseil à un professionnel avant de prendre un remède à base de plantes.
  • La prise de plantes médicinales se fait par cure (par exemple 5 jours sur 7 ou 3 semaines par mois, selon les plantes), jamais au long cours, afin de respecter une fenêtre thérapeutique et ainsi éviter une accoutumance du corps ou la survenue d’effets indésirables.

L’achat en pharmacie : pour la qualité du produit et le conseil

Depuis le décret d’août 2008, 148 plantes sont disponibles en dehors des pharmacies. On peut les trouver en grandes surfaces, en parapharmacie, dans les magasins de diététique ou sur Internet. Mais on ne saurait que trop vous conseiller de faire vos achats en pharmacie.

Primo, parce que les pharmaciens étant légalement responsables de la qualité des médicaments qu’ils délivrent, ils s’approvisionnent dans un laboratoire qui a effectué de nombreux contrôles de
qualité, alors que les autres commerçants se fournissent souvent chez des grossistes moins surveillés.

Secundo, pour le conseil du pharmacien. Si certains médicaments de phytothérapie demeurent le monopole de l’officine, c’est bien pour une raison : ses conseils sont précieux, notamment en termes de sécurité. Tous les pharmaciens reçoivent un minimum de formation à la phytothérapie au cours de leurs études et ils sont de plus en plus nombreux à suivre en plus le cursus de phytothérapie clinique.

Peut-on utiliser la phytothérapie chez l’enfant ?

Les parents assimilent souvent phytothérapie et médecine douce, mais de nombreuses plantes sont contre-indiquées par l’autorité de santé européenne (EMA) chez les enfants de moins de 12 ans.

Quelques exceptions cependant : les graines de psyllium contre la constipation, le gingembre contre les nausées, ou le thym contre la toux sont autorisés à partir de 6 ans ; la canneberge (infections urinaires récidivantes), la guimauve (toux) ou l’aubépine (nervosité, troubles du sommeil) dès 3 ans, tout comme l’application de teinture d’arnica pour soulager les contusions. En dehors de ces quelques remèdes, on ne joue pas les apprentis sorciers avec son enfant !

Phytothérapie et Covid : des liaisons parfois dangereuses

En avril 2020, l’Anses mettait en garde contre l’utilisation de plantes pouvant perturber les mécanismes de défense inflammatoires utiles pour lutter contre les infections et, en particulier, contre le Covid-19.

À éviter : les plantes contenant des dérivés d’acide salicylique tels que le saule, le bouleau, la Reine-des-prés, le peuplier, la verge d’or et les polygalas, ainsi que d’autres plantes à l’action inflammatoire comme les échinacées, le curcuma, l’harpagophytum et la griffe du chat.