Mise à jour le 16 août 2023
Employées depuis des millénaires, les huiles essentielles de plantes servent à soulager nos petits maux. Mais comme toute substance contenant des principes actifs, cela demande un peu de savoir-faire.

D’huile, l’huile essentielle (HE) n’a que le nom ! Elle ne contient, en effet, aucun corps gras. L’huile essentielle est la substance odorante volatile produite par certaines plantes et pouvant être extraite sous forme de liquide obtenu par distillation de plantes aromatiques. En somme, c’est l’essence même de la plante, sa quintessence, sa force vitale. Très concentrées en principes actifs, les huiles essentielles sont puissantes et actives à très faibles doses. Ce qui leur confère leur efficacité. Mais aussi leur danger.
Un travail d’alchimiste pour recueillir ce précieux liquide
On extrait cette huile essentielle des poches à essence situées, selon les plantes, dans la feuille (menthe), le zeste (agrumes), l’écorce (cannelle), la racine (gingembre) ou encore les parties fleuries (lavande) selon différents procédés :
- L’hydrodistillation, ou distillation par vapeur d’eau, nécessite l’emploi d’un alambic. Les plantes aromatiques sont déposées sur une grille traversée par de la vapeur d’eau, qui emporte les substances aromatiques volatiles. Une fois refroidie, cette vapeur chargée d’huile essentielle se condense et s’écoule dans une cuve appelée “essencier”.
- L’extraction, par pressage ou expression à froid, est exclusivement utilisée pour les agrumes. Elle vise à casser les poches qui contiennent l’essence dans les zestes frais.
- L’enfleurage consiste à laisser macérer des fleurs (souvent les plus fragiles) dans un corps gras. Cette graisse est ensuite dissoute dans de l’alcool pour obtenir un absolu, un concentré liquide.
Un vaste champ de propriétés thérapeutiques
Le profil biochimique complexe des HE englobe plusieurs centaines de composants appartenant à diverses familles chimiques aux noms bien compliqués : cétones, aldéhydes, alcools, esters, éthers, sesquiterpènes, monoterpènes, hydrocarbures, phénols, etc.
On classe ces molécules en plusieurs “chémotypes” ou “familles biochimiques”, chacun doté de propriétés thérapeutiques spécifiques : antiseptique, bactéricide, digestive, immunostimulant, stimulante, anti-inflammatoire, décongestionnante, apaisante, antispasmodique, etc.
Ainsi, les huiles essentielles sont largement anti-infectieuses et désodorisantes en diffusion, elles sont apaisantes et relaxantes, elles drainent le foie, les reins ainsi que les voies respiratoires, elles sont toniques, cicatrisantes, circulatoires, anti-inflammatoires. Elles ont aussi une action dermatologique, digestive, hormonale et anticellulitique.
De nombreuses études ont montré leurs effets, notamment en bactériologie et infectiologie. L’antibiogramme (test pour identifier les bactéries responsables d’une infection et les antibiotiques auxquels elles sont sensibles) ainsi que l’aromatogramme (test pour évaluer les huiles essentielles actives sur les bactéries en question), pratiqués en laboratoire avant et après un traitement antibactérien, peuvent en témoigner.
L’aromathérapie scientifique en milieu hospitalier
L’aromathérapie est utilisée dans certains services d’oncologie, en complément des traitements conventionnels pour soigner les nausées, vomissements, troubles du sommeil, anxiété.
En anesthésie, on y recourt parfois pour la prise en charge de l’anxiété préopératoire des patients de chirurgie ambulatoire. Elle trouve aussi sa place en soins palliatifs et dans les services de gériatrie.
Les Français et les traitements naturels
41% des Français utilisent des traitements naturels dont :
- 25 % l’homéopathie
- 19 % l’aromathérapie
- 17 % la phytothérapie
53 % le font, car ils estiment que ces médicaments sont plus sains que les médicaments conventionnels. Le portrait-robot du consommateur : une femme (64 %) plutôt CSP+, de moins de 45 ans (53 %), mais de plus en plus d’hommes sont attirés (+12 points d’hommes versus profil actuel).
Et l’hydrolat, c’est quoi ?
Lors du processus d’hydrodistillation, tandis que l’huile essentielle surnage, dessous se trouve l’eau florale, reliquat du produit de la distillation. Aussi appelée hydrolat, elle ne contient pas tous les
principes actifs de l’huile essentielle, et ceux qui s’y trouvent sont très dilués.
Moins puissante, elle constitue une alternative intéressante pour les jeunes enfants ou les femmes enceintes, à qui de nombreuses huiles essentielles sont contre-indiquées.