Les solutions d’assurance pour les jeunes conducteurs

Décrocher un contrat d’assurance auto à un prix intéressant n’est pas chose aisée pour les jeunes conducteurs.

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Les compagnies d’assurances justifient leurs tarifs par le fait que cette catégorie de conducteurs présente les risques les plus élevés. Il existe néanmoins des solutions permettant d’alléger la facture.

Le profil du jeune conducteur

D’après la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), la notion de jeune conducteur regroupe les personnes titulaires d’un permis de moins de 3 ans ou les titulaires d’un permis de 3 ans et plus qui ne peuvent justifier d’une assurance effective au cours des trois dernières années précédant la souscription d’un nouveau contrat. Quelques assureurs appliquent un régime particulier à ces jeunes conducteurs qualifiés de novices, tandis que d’autres refusent catégoriquement de prendre en charge ces débutants qui, statistiquement, causent davantage d’accidents que leurs aînés. Étant perçus par les assureurs comme des « clients » à risques, les jeunes conducteurs se voient exiger des primes souvent accompagnées de majoration et de franchises plus élevées. Pourtant, selon la situation de chacun, il est toujours possible de faire baisser la note.

L’apprentissage anticipé à la conduite

La meilleure solution pour éviter de payer les surprimes « jeune conducteur » consiste à apprendre à conduire dès l’âge de 16 ans dans le cadre de l’apprentissage anticipé à la conduite (AAC). En effet, les deux ou trois années de conduite accompagnée permettent au jeune conducteur d’acquérir de l’expérience, caractéristique valorisée aux yeux des compagnies d’assurances. Ensuite, une fois que ces jeunes conducteurs souscriront à un contrat d’assurance, ils bénéficieront d’un tarif préférentiel dans lequel les majorations seront limitées à 50 % et s’annuleront dès la deuxième année si aucun accident n’est constaté. Ces conditions sont proches de celles offertes aux conducteurs expérimentés.
La conduite accompagnée s’étale sur deux années durant lesquelles le jeune conducteur apprend à conduire accompagné de ses parents ou d’une autre personne désignée. En revanche, il s’engage à conduire au minimum 1 an (et au maximum 3 ans) avant de pouvoir passer l’examen du permis B une fois la majorité acquise (18 ans).

Être couvert par l’assurance des parents

Si le jeune conducteur conduit de temps à autre le véhicule de ses parents avec leur permission, il est alors nécessaire pour lui de déclarer à l’assureur de ses parents qu’il conduit leur véhicule occasionnellement. De même, les parents doivent également prévenir l’assureur s’ils envisagent de prêter la voiture à un autre proche. Sinon, l’assureur ne prendra pas en charge les éventuels sinistres occasionnés par le jeune conducteur. En effet, si ce dernier n’est pas désigné au contrat en qualité de conducteur habituel ou occasionnel, il risque de payer, en cas d’accident responsable, une franchise stipulée dans la plupart des contrats. Si l’assureur découvre que le jeune est en réalité conducteur habituel, mais qu’il n’est pas désigné à ce titre dans le contrat (par exemple, en allant suivre des cours avec un caractère de régularité), il refusera de couvrir le sinistre pour fausse déclaration relative à l’identité du conducteur habituel du véhicule et frappera le contrat de nullité.

S’inscrire à l’assurance du véhicule de ses parents pendant une période probatoire laisse au permis du jeune conducteur le temps de bien « mûrir » pendant un an ou plus. De cette façon, une fois l’expérience acquise, la première assurance à son nom sera moins coûteuse. D’autant plus si le jeune conducteur se tourne vers l’assureur familial qui ressentira le besoin de séduire la nouvelle génération et de fidéliser l’ancienne.

Être couvert par l’assurance d’un(e) concubin(e)

Pour les concubins, la clause de conduite dite exclusive permet à l’assureur d’appliquer une franchise en cas d’accident dans lequel le conducteur responsable ne serait pas celui désigné au contrat. Donc, quand le jeune conducteur conduit la voiture de son ou de sa concubine, il doit bien vérifier qu’il se trouve dans le cadre de la garantie. Pour cela, il doit retenir deux points principaux. Tout d’abord, il faut que la notion de déclaration en mairie ou de PACS ne soit pas obligatoire pour que l’assureur l’assimile au conjoint. Ensuite, le contrat ne doit pas obliger le ou la concubine à souscrire un autre contrat automobile afin que lui soit accordée la qualité d’assuré(e).

Être propriétaire d’un véhicule

Si le jeune conducteur possède son propre véhicule, il est obligatoire de souscrire un contrat à son nom. L’inconvénient est qu’il ne pourra pas échapper à la surprime augmentant le prix de base (dans la limite de 100 % la première année, 50 % la deuxième et 25 % la troisième).

Bon à savoir
Le bonus/malus calculé à partir du coefficient de réévaluation des cotisations influe directement sur la prime à verser pour le contrat de l’année suivante.

Choisir un véhicule adapté

Le risque d’accident n’est pas le même pour tous et c’est cet indice qui détermine le tarif du contrat souscrit. Ainsi, la prime d’assurance évolue suivant plusieurs paramètres : le modèle de la voiture, sa puissance, son ancienneté, son prix et parfois même sa couleur.
Le jeune conducteur doit opter de préférence pour une petite cylindrée : cela lui permettra de diminuer ses risques d’avoir un accident et par conséquent, payer moins cher son assurance. De plus, des enquêtes ont su prouver qu’une voiture puissante entre les mains d’un novice aggrave les risques d’accident. Donc, non seulement la prime d’assurance sera moins élevée (dans le cas où le jeune conduit une petite cylindrée), mais la sécurité du conducteur sera mieux garantie. La couleur du véhicule entre aussi en ligne de compte. Les assureurs ont constaté que les voitures grises avaient statistiquement moins d’accidents que celles dont la peinture est vive. Le rouge pétant n’est pas apprécié des assureurs : il est jugé comme étant une couleur trop tape-à-l’œil et attirante, rappelant les voitures de sport, et donc source de convoitise. Si le jeune conducteur ne souhaite pas s’encombrer de frais inutiles, il doit choisir une petite voiture d’occasion solide et discrète ne nécessitant qu’une assurance de responsabilité civile qui couvre les dégâts causés à autrui (avec éventuellement la garantie du conducteur qui n’est pas obligatoire, mais toutefois recommandée).

Des catégories moins pénalisantes

Les assureurs regardent avec plus d’indulgence les jeunes conducteurs qui ont opté pour l’apprentissage anticipé de la conduite. Comme nous l’avons déjà vu, les majorations sont limitées à 50 % la première année, et s’annulent dès la deuxième année si aucun accident n’est constaté. Le fait d’être une femme peut être aussi moins pénalisant. Toutes les statistiques prouvent en effet que, chez les moins de 25 ans, ce sont plus particulièrement les garçons qui sont à l’origine d’accidents. Soit parce qu’ils sous-estiment les risques, soit parce qu’ils ont davantage une conduite à risques. Par conséquent, certains assureurs appliquent des tarifs moins lourds aux jeunes filles âgées de 18 à 25 ans. Elles peuvent même bénéficier d’une réduction de 30 % sur leur facture.

Bon à savoir
  • Prime : prix que le futur assuré doit payer pour pouvoir bénéficier de la couverture d’assurance en cas de sinistre.
  • Franchise : somme restant à la charge de l’assuré après une réparation.
  • Bonus : réduction de la prime d’assurance automobile en faveur des conducteurs qui n’ont pas d’accident.
  • Malus : majoration de la prime d’assurance en cas d’accident où la responsabilité de l’assuré est démontrée.