Tout ce qu’il faut savoir sur les médicaments sans prescription

Mise à jour le 17 août 2023

Les médicaments font partie de notre quotidien, et pourtant, ce ne sont pas des biens de consommation comme les autres.

Médicaments

Grâce aux substances actives qu’ils renferment, ils ont une action préventive ou curative – c’est d’ailleurs leur raison d’être – mais présentent aussi des risques. D’où un encadrement strict, de leur création… jusqu’à votre bouche!

Même s’ils ne nécessitent pas de prescription, les médicaments d’automédication n’échappent pas à ce dispositif de contrôle.

Chaque année, les Français dépensent en moyenne une trentaine d’euros pour se soigner en automédication. Et même s’il ne s’agit pas de produits de consommation comme les autres, les médicaments sans prescription n’échappent pas aux règles de la concurrence.

Les médicaments ont-ils tous le même statut ?

À prescription obligatoire ou facultative, devant ou derrière le comptoir, remboursables ou non, à prix libre ou fixé…, les médicaments n’ont pas tous le même statut. Petit point
pour s’y retrouver.

Les médicaments à prescription médicale obligatoire (PMO) sont donc prescrits par un médecin. En fonction de son risque, le médicament sera classé :

  • Sur liste I (cadre rouge sur la boîte) : le médicament ne peut être délivré que pour la durée du traitement mentionnée sur l’ordonnance.
  • Sur liste II (cadre vert) : la délivrance peut être renouvelée plusieurs fois, pendant un délai d’un an, à partir de la même ordonnance.
  • Sur la liste des médicaments stupéfiants, car il peut entraîner une dépendance. Il est soumis à des restrictions plus strictes (avec une durée de prescription limitée notamment) et fait l’objet d’une ordonnance sécurisée.

Ces médicaments peuvent être pris en charge par l’Assurance maladie, selon un taux de remboursement variant selon le SMR (service médical rendu) : 100 %, 65 %, 30 % et 15 %. Certains ne sont pas du tout remboursés.

Les médicaments à prescription médicale facultative (PMF) peuvent être prescrits par le médecin ou achetés en automédication, sur les conseils du pharmacien (“médication officinale”) ou librement par la personne (“médication familiale”). On distingue :

  • Les médicaments OTX : ils sont accessibles sans ordonnance, mais peuvent être remboursés s’ils sont prescrits par un médecin.
  • Les médicaments OTC sont non remboursables.

Et les génériques dans tout ça, à quoi cela correspond ?

Un médicament générique est la “copie” d’un médicament de marque dont le brevet est tombé dans le domaine public. Il contient donc la même substance active (DCI) destinée à la même pathologie, avec la même efficacité, les mêmes contre-indications et effets indésirables. Seuls les excipients (les composés qui permettent de faciliter l’absorption du médicament) diffèrent.

Les médicaments génériques portent généralement le nom de la DCI suivi du nom du laboratoire pharmaceutique. La majorité des médicaments vendus sans ordonnance a leurs équivalents
génériques, et la tendance va en s’accentuant, car les laboratoires développent leurs gammes de génériques en automédication. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, puisqu’ils sont en moyenne 30 % moins chers. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont moins efficaces, tordons le cou une fois pour toutes à cette idée reçue! S’ils sont moins chers, c’est simplement parce que les labos n’ont pas eu à financer les recherches.

Les médicaments sans ordonnance le sont-ils, car moins efficaces ?

Pour être mis sur le marché, un médicament passe obligatoirement par la case Autorisation de mise sur le marché (AMM). Les médicaments d’automédication ne font, évidemment, pas exception. Ils présentent un rapport bénéfice/risque favorable, au même titre que les médicaments de prescription, et sont régis par les mêmes règles de sécurité, de suivi et de dispensation. S’ils sont disponibles sans ordonnance, c’est soit, parce que la substance active du médicament ne relève pas de la liste I ou II : il ne s’agit pas d’une substance dite vénéneuse, c’est-à-dire potentiellement
toxique pour l’organisme. Soit, parce que le médicament contient une substance de cette liste I ou II, mais à des dosages plus faibles au niveau de la boîte ou du comprimé.

C’est le cas, par exemple, de l’Imodium® (indiqué dans le traitement symptomatique des diarrhées aiguës et chroniques). Sur prescription, il est disponible en boîte de 20 comprimés, tandis que sans ordonnance, il est disponible uniquement en boîte de 12.

Les médicaments sans prescription sont-ils de plus en plus nombreux ?

Les médicaments de prescription médicale facultative sont, en effet, de plus en plus nombreux. À cela, il y a une volonté des laboratoires qui élargissent leurs gammes de produits spécifiquement dédiés à l’automédication, mais aussi une impulsion du gouvernement qui voit dans le développement de l’automédication une source potentielle d’économies de santé. Au niveau européen, on assiste également à un élargissement du cadre réglementaire de l’automédication, avec la mise à disposition à doses moindres de certaines molécules listées.

Pour un grand nombre, il s’agit aussi de remèdes anciens, déremboursés par l’Assurance maladie pour service médical rendu insuffisant. C’est le cas notamment des fluidifiants, des expectorants bronchiques ou encore des veinotoniques.

Pourquoi certains sont-ils en libre-service, et d’autres non ?

Depuis le décret sur les “médicaments de médication officinale” de juillet 2008, les pharmaciens sont autorisés à proposer certains médicaments d’allopathie, d’homéopathie et de phytothérapie en libre-service, ou “over the counter” (OTC). La pratique reste cependant très encadrée.

Régulièrement, l’ANSM met à jour la liste de ces médicaments OTC, en ajoutant des spécialités ou en en retirant, comme ce fut le cas en janvier 2020, avec le retrait de tous les médicaments contenant du paracétamol, de l’aspirine ou de l’ibuprofène, en raison des risques d’un mésusage.

Par ailleurs, ces médicaments OTC doivent être proposés dans un espace dédié, situé à proximité du poste de délivrance des médicaments afin de faciliter le conseil du pharmacien. Libre-service ou non, son rôle est en effet de rappeler les règles de bon usage du médicament, sa posologie, ses éventuelles contre-indications et interactions médicamenteuses.

Le jargon des médicaments

  • La DCI, ou Dénomination commune internationale, désigne le nom de la substance active. Elle permet de retrouver un médicament dans n’importe quel pays, mais aussi de vérifier que l’on ne prend pas plusieurs fois la même substance sous des noms de spécialités différents. Prenons l’exemple du paracétamol : paracétamol est la DCI. On le retrouve sous différents noms commerciaux : Doliprane®, Dafalgan®, Efferalgan®. En France, il existe plus de 8 000 noms commerciaux, pour seulement 2 800 DCI. Ce qui complique évidemment les choses… et peut être source d’erreur.
  • L’AMM (Autorisation de mise sur le marché) est délivrée après étude des preuves d’efficacité et de sécurité du médicament.
  • Le SMR, ou Service médical rendu, évalue si le médicament présente suffisamment d’intérêt clinique pour être pris en charge par la solidarité nationale, au regard de différents critères (gravité de l’affection, efficacité et effets indésirables du médicament, place dans la stratégie thérapeutique, intérêt pour la santé publique).
  • L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) assure la sécurité du médicament.
Bon à savoir

L’efficacité n’est pas liée au fait qu’un médicament soit prescrit ou non par le médecin. La preuve : certains accessibles sans ordonnance sont remboursés par la Sécurité sociale dès lors qu’ils sont prescrits. Sans ordonnance, ne signifie pas non plus sans danger. Même si leurs composants sont considérés comme peu dangereux ou proposés à des dosages moindres, ces substances n’en restent pas moins des médicaments. À ce titre, elles présentent des effets indésirables, des contre-indications (certaines maladies, grossesse, allaitement), des risques d’interaction avec d’autres remèdes, de réaction allergique ou de surdosage.

Les médicaments sans prescription peuvent-ils être remboursés ?

Dès lors que l’on achète un médicament en automédication, aucune prise en charge n’est possible. Traduction : c’est entièrement pour votre poche !

Certaines mutuelles proposent un forfait annuel d’automédication pouvant aller de 30 à 150 €. Pour vous faire rembourser, il suffit d’envoyer le ticket de la pharmacie à votre organisme.

En revanche, s’il s’agit de médicaments OTX, ils peuvent être remboursés lorsqu’ils sont prescrits par un médecin. C’est notamment le cas de :

  • De certains laxatifs doux (Forlax®).
  • De pansements gastriques (Gaviscon®).
  • De produits antiseptiques (Bétadine®, Biseptine®, Hexomédine®).
  • Plusieurs antalgiques/antipyrétiques à base de paracétamol (Doliprane® 1 000 mg, Efferalgan® 1 000 mg), d’ibuprofène (Advil® 200 mg, Antarène® 200 mg) ou d’aspirine (Aspégic® 500 mg, Aspirine Upsa® 500 mg).
  • D’antispasmodiques (Spasfon®, Phloroglucinol® 80 mg, Météospasmyl®).

Comment est fixé le prix de ces médicaments ?

S’il est remboursable lorsque prescrit par un médecin (donc OTX si vous suivez bien la leçon), le prix du médicament est fixé par les autorités. Dans le cas contraire, celui-ci est libre pour tous les acteurs de la chaîne : laboratoires pharmaceutiques, grossistes, répartiteurs, pharmacies.

Si bien que, selon les officines, de forts écarts de prix existent. On peut donc faire marcher la concurrence pour trouver son médicament au meilleur prix. Pour vous aider dans cette démarche, des comparateurs de prix des médicaments existent en ligne.

Une exception cependant pour les génériques accessibles sans ordonnance : leur prix est fixé nationalement. Ils sont généralement moins chers, pour les mêmes effets thérapeutiques, rappelons-le.

À noter enfin que la TVA appliquée aux médicaments sans prescription est plus élevée »  10 %, contre 2,10 % pour les médicaments remboursables par la Sécurité sociale.

Acheter ses médicaments sur Internet, est-ce moins cher ?

Depuis 2013, la vente en ligne de médicament sans ordonnance est autorisée, mais strictement encadrée, avec ces quatre règles :

  • Le site Internet doit être le prolongement d’une officine de pharmacie.
  • Il doit être préalablement autorisé par l’Agence régionale de santé (ARS).
  • La vente en ligne concerne uniquement les médicaments à prescription facultative.
  • Les données de santé collectées doivent être hébergées auprès d’un hébergeur agréé.

En ligne, les médicaments sont, en effet, généralement moins chers, mais il faut également prendre en compte les frais d’envoi. Par ailleurs, on ne bénéficie pas du conseil du pharmacien. Dans tous les cas, avant de passer commande, vérifiez systématiquement si le site figure sur la liste de l’Ordre des pharmaciens recensant les sites de vente de médicaments légalement autorisés en vous allant sur le site Web de l’Ordre des pharmaciens. S’il n’y est pas, passez votre chemin !

Sur les sites Internet non autorisés, la qualité des médicaments et leur sécurité ne sont pas garanties. Le risque : acheter un médicament falsifié. Selon l’OMS, ce serait le cas de la moitié des médicaments vendus en ligne. Au mieux, le médicament sera inactif et donc inefficace ; au pire, il peut être toxique et dangereux pour la santé.

logo pharmacie vente internet

Un logo européen permet de vérifier la fiabilité d’un site de vente de médicaments en ligne. Il vous suffit de cliquer dessus pour être redirigé vers la liste de l’Ordre des pharmaciens.