Mise à jour le 24 février 2026
La recherche d’un appartement ressemble souvent à un véritable parcours du combattant. Alors, quand on trouve enfin le logement idéal et que le dossier est accepté, le soulagement est immense ! Pourtant, au moment d’étudier le contrat de location, une mauvaise surprise peut vite gâcher la fête : le bailleur exige un dépôt de garantie (souvent appelé à tort « caution ») équivalent à deux mois de loyer.

Pour un logement loué vide, cette demande est non seulement excessive, mais surtout illégale. La crainte de voir l’appartement vous passer sous le nez peut vous pousser à accepter sans broncher, mais sachez qu’il est tout à fait possible de faire valoir vos droits sans braquer votre futur propriétaire.
Comment aborder le sujet avec tact, rappeler la loi en douceur et démarrer votre nouvelle location sur de bonnes bases ? Découvrez nos conseils pratiques et notre modèle de message pour rectifier le tir en toute sérénité.
1. La vérification indispensable : Vide ou Meublé ?
Avant de contacter votre propriétaire, assurez-vous d’être dans la bonne situation juridique. La loi fait une distinction claire :
- Location vide : Le dépôt de garantie est strictement limité à 1 mois de loyer hors charges (loyer principal).
- Location meublée : Le propriétaire est en droit de vous demander jusqu’à 2 mois de loyer hors charges.
Si vous louez un logement vide, la loi est de votre côté.
2. La stratégie : Privilégier la courtoisie et la pédagogie
La meilleure approche consiste à présumer la bonne foi du propriétaire (une simple erreur de mise à jour de son bail) plutôt que de l’accuser directement. L’écrit (e-mail) est le meilleur moyen de communication, car il laisse une trace tout en restant moins agressif qu’une lettre recommandée.
L’argument juridique imparable : La référence à citer est l’Article 22 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (modifiée par la loi ALUR), qui régit les rapports entre bailleurs et locataires.
3. Modèle d’e-mail ou de message à envoyer
Voici un modèle de message courtois, clair et factuel que vous pouvez copier, adapter et envoyer à votre propriétaire :
Objet : Précision concernant le dépôt de garantie – [Adresse du logement]
Bonjour [Nom du propriétaire ou de l’agence],
Je vous remercie pour l’envoi du projet de bail pour le logement situé au [Adresse du logement]. J’ai vraiment hâte d’y emménager.
En relisant le document, j’ai noté que le montant indiqué pour le dépôt de garantie est de [Montant demandé par le bailleur] €, ce qui correspond à [Nombre] mois de loyer.
Sauf erreur de ma part, s’agissant d’une location vide, l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989 plafonne le dépôt de garantie à un mois de loyer hors charges, soit [Montant de 1 mois de loyer HC] €.
Pourrions-nous ajuster le contrat de bail en ce sens avant la signature prévue le [Date de signature] ?
Je vous remercie par avance pour cette correction et reste à votre disposition si vous avez besoin de documents complémentaires pour finaliser le dossier.
Bien cordialement,
Votre Prénom et Nom
Votre Numéro de téléphone
4. Que faire si le propriétaire refuse de modifier le bail ?
S’il insiste pour exiger plus d’un mois de caution pour un logement vide, sachez qu’une clause prévoyant un dépôt de garantie supérieur au plafond légal est considérée comme abusive et nulle, même si vous la signez. Cependant, pour préserver vos bonnes relations futures, il vaut mieux régler cela avant la signature.
Conclusion
En résumé, le montant du dépôt de garantie n’est pas laissé à la libre appréciation du propriétaire : il est strictement encadré par la loi française. Si une erreur se glisse dans votre bail, la diplomatie et la pédagogie restent vos meilleures alliées.
En privilégiant l’écrit et en vous appuyant calmement sur l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989, vous avez toutes les cartes en main pour corriger la situation sans compromettre vos relations futures avec votre bailleur.
N’oubliez pas qu’un locataire bien informé est un locataire protégé. Et si jamais le propriétaire campe sur ses positions de manière abusive, des organismes gratuits comme l’ADIL (Agence Départementale d’Information sur le Logement) sont là pour vous accompagner.