Comment mettre fin à la période d’essai d’un salarié étape par étape ?

Mise à jour le 19 août 2026

Embaucher un nouveau salarié est une étape majeure, mais il arrive que la collaboration ne se déroule pas comme prévu. C’est précisément à cela que sert la période d’essai : vous donner le temps de vérifier si le profil correspond réellement aux besoins du poste.

fin période d'essai salarié

Si les attentes ne sont pas comblées, vous êtes en droit de stopper le contrat. Attention cependant : bien que cette démarche soit nettement plus souple qu’un licenciement classique, le Code du travail impose un cadre précis à respecter. Rompre la période d’essai d’un salarié est une démarche relativement souple, mais elle exige de respecter des règles précises pour être parfaitement en règle.

Voici la marche à suivre, étape par étape.

Calculer le délai de prévenance

Même si vous n’avez pas à justifier votre décision, vous ne pouvez pas demander au salarié de partir du jour au lendemain. Vous devez respecter un délai légal de prévenance, qui dépend du temps que le salarié a passé dans votre entreprise :

Temps de présence du salariéDélai de prévenance à respecter
Moins de 8 jours24 heures
Entre 8 jours et 1 mois48 heures
Entre 1 mois et 3 mois2 semaines
Plus de 3 mois1 mois

Point de vigilance : Le respect de ce délai ne doit pas prolonger le contrat au-delà de la date de fin initiale de la période d’essai.

Informer le salarié par écrit

Le Code du travail n’impose pas toujours un écrit, mais c’est absolument indispensable pour vous protéger en cas de litige. Vous devez pouvoir prouver la date à laquelle vous avez prévenu le salarié. Deux options s’offrent à vous :

  • L’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception (la date de première présentation par le facteur fait foi).
  • Une lettre remise en main propre contre décharge (le salarié doit signer et dater votre exemplaire en ajoutant la mention « Remis en main propre le… »).

Rédiger la lettre de rupture

Allez à l’essentiel. Votre courrier doit simplement indiquer votre décision de mettre fin à la période d’essai et préciser la date de fin effective du contrat, en tenant compte du délai de prévenance. Vous n’avez pas à donner de motif.

Lettre type

Voici un modèle de lettre clair et direct que vous pouvez utiliser. Il convient de l’envoyer en courrier recommandé avec accusé de réception, ou de le remettre en main propre contre décharge (en l’imprimant en deux exemplaires pour que le salarié en signe un).

Nom de votre entreprise
Adresse de l’entreprise

Nom et Prénom du salarié
Adresse du salarié

Fait à [Ville], le [Date du jour]

Objet : Rupture de votre période d’essai

Madame, Monsieur [Nom du salarié],

Nous vous avons embauché(e) le [Date de début du contrat] en tant que [Intitulé du poste], avec une période d’essai d’une durée de [Durée de la période d’essai].

Par ce courrier, nous vous informons de notre décision de mettre un terme à cette période d’essai.

Conformément à la réglementation, nous appliquons un délai de prévenance de [Nombre de jours ou de semaines]. Par conséquent, la fin de votre contrat de travail sera effective le [Date de fin exacte incluant le délai de prévenance] au soir.

(Optionnel, si vous ne souhaitez pas que le salarié vienne travailler pendant le délai de prévenance 🙂
Nous vous dispensons d’effectuer ce préavis. La fin de votre contrat prend donc effet immédiatement. Une indemnité compensatrice de délai de prévenance, correspondant à ces jours non travaillés, vous sera versée.

Au terme de votre contrat, nous vous remettrons votre certificat de travail, votre attestation France Travail ainsi que votre reçu pour solde de tout compte.

Nous vous prions de recevoir, Madame, Monsieur [Nom du salarié], nos salutations respectueuses.

Votre Prénom et Nom ou votre fonction
Signature

Préparer les documents de fin de contrat

Le dernier jour de travail, vous êtes tenu de remettre au salarié plusieurs documents obligatoires, et ce, même s’il n’est resté que quelques jours :

  • Le certificat de travail : qui atteste des dates d’emploi et du poste occupé.
  • L’attestation France Travail (ex-Pôle Emploi) : indispensable pour que le salarié puisse faire valoir ses droits.
  • Le reçu pour solde de tout compte : qui fait l’inventaire des sommes versées au départ (salaire au prorata, indemnités de congés payés non pris, etc.).

Rappel important : bien que la rupture soit libre, elle ne doit pas être discriminatoire. Par exemple, vous n’avez pas le droit de mettre fin au contrat parce que le salarié est tombé malade, en raison de ses opinions ou de sa situation familiale.

Que faire si le délai de prévenance dépasse la date de fin de la période d’essai ?

La règle d’or est claire : vous ne devez en aucun cas prolonger le contrat pour réussir à caser les jours de prévenance manquants. La période d’essai doit obligatoirement s’arrêter à la date de fin initialement prévue.

Pour rester dans la légalité et éviter tout litige, voici les trois étapes à respecter.

Rompre le contrat à la date prévue

Même si vous êtes en retard, notifiez la rupture au salarié par écrit (lettre recommandée ou remise en main propre). Le contrat de travail s’arrêtera le tout dernier jour de la période d’essai, et le salarié quittera l’entreprise à ce moment-là.

Verser une indemnité compensatrice

Puisque le salarié n’a pas bénéficié de la totalité du temps de prévenance auquel il avait droit, vous devez compenser financièrement les jours manquants. Il s’agit de l’indemnité compensatrice de délai de prévenance.

Exemple de calcul : Le salarié a droit à 14 jours de délai de prévenance, car il est dans l’entreprise depuis plus d’un mois. Vous le prévenez seulement 4 jours avant la date fatidique. Il quitte l’entreprise le dernier jour prévu, et vous lui versez une indemnité correspondant aux 10 jours de prévenance manquants.

Que faut-il inclure dans cette indemnité ?

Cette somme n’est pas un dédommagement forfaitaire. Elle doit correspondre très exactement à ce que le salarié aurait gagné s’il avait travaillé pendant ces jours non respectés.

Vous devez impérativement intégrer :

  • Le salaire de base pour les jours concernés.
  • Les avantages en nature (s’il en bénéficie).
  • L’indemnité de congés payés générée sur cette somme (soit 10 % supplémentaires).

Cette indemnité compensatrice devra figurer clairement sur le dernier bulletin de paie du salarié et sur son reçu pour solde de tout compte. Le salarié est libre de tout engagement dès son départ physique de l’entreprise et n’a pas à travailler pendant les jours couverts par cette indemnité.


🎯 Conclusion

Mettre fin au contrat d’un collaborateur à ses débuts n’est jamais une démarche plaisante, mais en appliquant ces quelques règles, vous protégez efficacement votre entreprise. Le point central de cette procédure reste l’anticipation.

Prenez toujours le temps de bien calculer votre délai de prévenance afin de ne jamais franchir la date limite de la période d’essai. Une fois ces démarches administratives réglées dans les règles de l’art, vous pourrez tourner la page et vous concentrer pleinement sur vos futurs recrutements pour dénicher le candidat idéal.