Revenir sur sa décision après avoir envoyé une lettre de démission à son employeur

Bon à savoir
La loi ne fixe pas les conditions de la démission, mais les tribunaux considèrent qu’elle doit résulter de la volonté clairement exprimée et non équivoque du salarié de quitter l’entreprise. Si ce n’est pas le cas, il s’agit d’une fausse démission. Si un salarié présente sa démission après avoir subi un harcèlement moral, des pressions de sa hiérarchie, supporté des vexations ou si on lui inflige des sanctions sans véritables motifs, qui rendent les conditions de son travail intolérables, la rupture du contrat de travail ne peut lui être imputée. Il s’agit alors d’un licenciement. L’employeur s’expose à des risques s’il n’accepte pas de réintégrer un employé qui a démissionné, car le conseil des prudhommes peut estimer que la démission est en réalité un licenciement abusif dont il devra assumer la charge financière.

En pratique : adressez ce courrier de rétractation en LRAR à votre employeur en l’informant que votre démission ne résultait pas d’une décision claire et non équivoque de votre part.

Lettre type

Objet : Courrier de rétractation de ma démission

Monsieur,

Je vous ai adressé le __________ une lettre de démission suite à un incident survenu avec mon supérieur hiérarchique à propos de consignes de travail que d’après lui je ne respecterais pas.

Cette décision ne résultait pas de ma volonté claire et non équivoque de quitter mon emploi, mais d’une série d’évènements qui m’ont fait agir sur un coup de tête. En effet, mon supérieur hiérarchique ne s’adresse à moi qu’en termes désobligeants de façon répétée avec pour objectif de m’humilier devant mes collègues (ou une autre raison à préciser : menaces, mensonges, manque de respect, réflexions, insultes, harcèlement…).

En conséquence, je déclare par la présente lettre me rétracter de ma démission.

Compte tenu des circonstances, vous n’ignorez pas que le conseil des prud’hommes n’hésiterait pas à requalifier la rupture de mon contrat de travail en un licenciement abusif dont vous devriez assumer la charge financière.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

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